
E.C.
Jai 31 ans, je suis dorigine portoricaine.je
suis né et jai grandi à New-york,
à Spanish Harlem et dans le Bronx.Jai eu
ma première expérience homosexuelle tard,
à 22 ans. Cétait avec un métis
mi black mi latino. Nous travaillions ensemble à
luniversité, nous sommes devenus amis, et
je lui ai dit quil me plaisait.
Cétait difficile, avant, pour les
Latinos dexprimer leur désir pour dautres
Latinos?
E.C. Oui, parce quaujourdhui
encore, les familles sont extrêmement conservatrices,
principalement à cause de la religion. Dans notre
culture, un latino ne peut pas être homo, et ne
peut logiquement pas désirer un mec de sa communauté.
Ce nest pas le cas dans vos films...
E.C. Oui, en effet, mes personnages sont
jeunes, blacks et latinos, issus du ghetto et cherchent
à se rencontrer. Cest un point de vue vraiment
nouveau. Dans les vidéos X que javais vues
avant den faire moi-même, cela nexistait
pas. Lexemple le plus frappant ce sont les premiers
films du Latino Fan Club, où cétait
toujours de vieux hommes blancs
qui convoitaient des jeunes latinos de banlieue présumés
hétéros.
Comment décririez-vous alors lunivers
de vos vidéos LaMancha ?
E.C. Multiculturel, latino, black, et
hip-hop. Cest plus proche de la réalité
de ces jeunes de 20-30 ans, nés en banlieue. Lunivers
dans lequel jai évolué, par exemple,
a influencé mon comportement gay. Quand vous nêtes
pas un homosexuel avoué, vous baisez avec des garçons
non efféminés. Vous convoitez ce qui vous
ressemble et fait partie de votre environnement immédiat.
Jobserve cela chez les jeunes du ghetto : la façon
dont ils se draguent dans le métro, la manière
dont ils se regardent, se parlent, le contact du regard.
Cest le style "ruffneck " (racaille) récupéré
par cette nouvelle tribu homo-ethnique.
Va t-on vers une culture hip-hop gay?
E.C. La culture hip-hop est une culture
très machiste et très homo érotique.
Et homophobe
cest ce qui la rend excitante,
à mon sens. La façon dont deux Latinos ou
deux Blacks vont se draguer dans la rue est sûrement
différente de la façon dont se dragueraient
des Blancs. Les codes et les attitudes sont influencés
par le hip hop.
Cest un peu ce que vous montrez dans Tiger
Brooklyn Tails, votre deuxième film. Peut-on dire
quil est proche de vous ?
E.C. Absolument. Tiger Brooklyn Tails
cest lhistoire dun jeune Latino du ghetto,
qui franchit le pas en ayant des rapports homosexuels
avec des jeunes de son quartier. Beaucoup de mecs de banlieue
ont pu sidentifier au personnage de Tiger Tyson,
acteur de ce film, racaille dans la vie.
En dehors de vos films, vous organisez aussi des
soirées rap et gay, cest une première
?
E.C. Ce sont des soirées à
tendance porno où les modèles de mes films
font des shows Jai commencé ces soirées
il y a un an maintenant. Au début elles étaient
mensuelles, puis, devant le succès, elles sont
devenues bimensuelles. La musique est hip-hop, rap et
tribale. Beaucoup de jeunes très très beaux
y viennent et cest ce qui fait quelles sont
réussies. Je vois arriver une nouvelle génération
de jeunes Blacks et Latinos aux apparences dures, lookés
rap, qui se regardent, se frôlent, mais qui ont
rompu un tabou : ils se désirent.
mancha
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l'interview de Tiger