| DDans
l'hôtel parisien, près de Pigalle, où Tiger Tyson
va passer un week-end avant de faire son show, le
réceptionniste a dû s'y prendre à plusieurs reprises
pour le sortir de son repaire. Il dormait encore.
Le décalage horaire. Quand il a fini par descendre
les escaliers, l'esprit encore embrumé par le sommeil,
c'est sa taille qui me surprend d'abord. Je m'attendais
à voir apparaître un géant bodybuildé avec une gueule
de caïd. Comme sur ces centaines de photos qui traînent
sur le web, où j'ai pu en glaner quelques-unes pour
ma pomme. Après l'interview, lorsqu'il est venu chez
moi, j'ai failli mourir de honte lorsque, désirant
consulter ses mails, il demanda à se servir de mon
vieux PC. Qu'il fasse la moindre fausse manouvre et
mon dossier "Tiger Tyson pics" lui serait tombé sous
les yeux. Je me suis emparé de la souris, comme si
de rien n'était, pour le diriger vers le site approprié.
Il a tiré une bouffée de son joint, et j'ai poussé
un soupir de soulagement.
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Sunless Family
À
chaque milieu, mode ou porno, où les mensurations règnent
en tyran, ses critères. Tyson est réaliste : "Faire le boulot
de mannequin, ce n'est pas possible : je n'ai pas la bonne
taille. Je ne peux pas être top-model avec seulement 5,5
pieds (1,68 m). Dans les photos, je fais souvent plus grand.
Ça m'arrange. Et Dieu merci, je suis photogénique." Pas
pour rien que filles et garçons se retournent sur lui dans
la rue, sur le chemin du bar où nous nous sommes posés.
On le sent en train de se ranimer peu à peu. Dans ses vêtements
streetwear, il marche d'un pas assuré. Si ce n'est sa beauté,
difficile de le distinguer du moindre kid banlieusard. Cette
façon qu'ils ont de se déhancher, les mains profondément
enfoncées dans les proches, comme s'ils tenaient fermement
des miettes de vie entre leurs poing. à l'âge de 22 ans,
c'est la première fois qu'il foule le sol d'un pays étranger.
Il s'étonne de la hauteur des immeubles, de la vétusté des
bâtiments. Il trouve que les gens ont l'air moins affairés
que dans son New York natal. Dans le bar, il s'assied confortablement
pour se redresser aussitôt en entendant la musique hispanique
en fond sonore. Mon explication, "Paris, la ville où "Buena
Vista Social Club" meets "french touch"", ne le convainc
guère. Tant pis.
Sobre ou prudent ? Il commande un simple Coca. Ce qui me
plaît par-dessus tout chez Tiger, c'est peut-être sa voix.
Je n'ai encore jamais regardé ses vidéos en ne mettant que
le son. Mais je me sentirais capable de prendre du plaisir
à voir Tiger en crypté, pourvu qu'on entende sa voix. Une
voix haut perchée, rocailleuse et un peu nasillarde. Et
cette langue, traversée par un piercing en forme de dé,
qui bruisse de "Ya know Man" comme de "To tell Your the
Truth", avec des "fuck" en rafale qui ponctuent ses phrases.
Cet argot du Brooklyn où Tiger est né un 20 mai 1977. Famille
nombreuse, famille heureuse ? Il compte deux sours plus
âgées, et quatre frères dont deux plus jeunes : "Être au
milieu, c'est être sur une borderline. Tu dois être comme
un modèle pour les jeunes, mais en même temps, tu poses
des problèmes pour tes aînés. C'est bizarre. C'est quand
nous nous sommes séparés que mes emmerdes ont commencé."
Tiger grandit dans le quartier de Bushwick, un ghetto à
forte dominante noire et hispanique. à l'âge de 12 ans,
son père meurt des suites de maladies que Tiger identifient
comme tuberculose et sida. Difficile de parler d'un père
accro à l'héroïne, toxico depuis l'âge de 10 ans. Lapidaire
sur le chapitre du père, il lâche : "Je ne porte pas de
jugement sur la vie qu'il a eue." Il s'attendrit volontiers
au sujet de sa mère, cette femme qui, pour nourrir ses sept
gosses, travaille à tour de bras comme barmaid et DJ, tendance
RnB, house et hip-hop. Aujourd'hui encore, malgré les embrouilles,
les yeux de Tiger semblent briller de reconnaissance : "Ma
maman était à la fois mon père et ma mère, et elle est tout
pour moi. Si ce n'était pas pour elle, je ne serais pas
là aujourd'hui. C'est elle qui m'a donné cette envie de
me battre et de ne jamais laisser tomber. Ma mère, c'est
mon idéal, c'est mon tout."
Pen-Gun !
On l'imagine volontiers faire l'école buissonnière. C'est
vrai qu'adolescent, il n'aime guère aller au lycée. Et s'il
regrette aujourd'hui de ne pas avoir un diplôme en poche,
Tiger, impatient, se voit mal retourner à l'école : "Je
n'arrive pas à rester longtemps en place et je ne suis pas
très chaud par rapport à la discipline, aux règlements.
Je déteste qu'on me dise ce que je dois faire. Il faudrait
vraiment que je me fasse violence pour y retourner." La
violence qui va s'exercer sur lui est d'une autre nature.
Il a beau suivre les cours jusqu'à l'âge de 17 ans, dans
le ghetto, l'enseignement à la traditionnelle se fait souvent
ravir la place, sur les trottoirs, par l'école de la rue.
Vers 13 ans, il fréquente les gars de la bande. Et le toit
familial devient comme un moulin dans lequel on entre et
on sort à toute heure. "Ma mère et moi, on était plus en
très bons termes. On se disputait souvent parce que je traînais
dehors tard le soir. J'ai commencé à fumer de l'herbe. à
la maison, il y avait des hauts, mais aussi des bas. Je
restais de moins en moins avec ma famille. Alors, j'ai dû
essayer de me faire un peu d'argent par mes propres moyens."
à l'âge de 17 ans, la rupture avec sa famille est plus ou
moins consommée. Fruit du hasard ? En 1984, un grand incendie
se déclenche dans le quartier et, d'immeubles en immeubles,
finit par gagner sa maison. Dans l'urgence, la famille se
sépare. Chacun doit trouver où se reloger. Tiger se retrouve
complètement livré à lui-même.
De
15 à 17 ans, l'adolescent qui trouvait dans le sport, et
plus particulièrement dans la natation, un moyen de se défouler,
est employé par la municipalité de New York comme surveillant
de baignade. Il travaille à la plage de Far Rockaway, à
l'est de la ville. Parallèlement, la tentation de l'argent
facile lui pend au nez. Dans le pays du capitalisme roi,
si on peut trouver 10 000 raisons différentes de dégainer
son arme, dans le ghetto, les façons de se faire de l'argent
facile se comptent sur les doigts de la main. Dealer de
la dope en est une. Herbe et crack, pour arrondir les fins
de mois. à deux reprises, on le coince, et il va faire des
petits séjours en maison d'arrêt. Mais ses démêlés avec
la justice ne l'empêchent pas pour autant de continuer ses
activités illégales. "Je me suis mis dans la merde. Un jour,
j'étais au coin de la rue avec une bande de copains. Les
flics m'ont arrêté. J'avais vraiment pas de chance. J'avais
perdu ma bonne étoile." Rikers Island lui a ouvert les bras.
Un an et demi de taule. La prison de Rikers Island a de
quoi calmer les ardeurs de plus d'un fan de la série "Oz",
et susciter les propos indignés de plus d'une Véronique
Vasseur. Près de 20 000 prisonniers s'y côtoient. Ceux qui
n'ont pu s'acquitter d'une caution. Située à peine à six
miles de l'Empire State building, c'est une cité dans la
cité. Les statistiques, féroces, montrent que Tiger remplissait
les conditions requises pour y échouer. 90 % des détenus
sont d'origine afro-américaine ou hispanique, seuls 10 %
ont suivi entièrement leurs études secondaires, et 70 %
sont emprisonnés pour des motifs liés de près ou de loin
à la drogue. "C'était difficile. Aux États-Unis, les prisons
sont de véritables champs de bataille. Une lutte pour la
survie. Même en prison, c'était comme la vie du ghetto.
Les mecs sont les mêmes. La drogue circule. Il y a de la
prostitution. On doit sans cesse faire attention à ce qu'on
dit et à ce qu'on fait. Il ne faut jamais regarder n'importe
qui. Il faut être sur ses gardes en permanence. On peut
se faire violer, poignarder, et même recevoir une balle."
Je l'interromps pour lui demander si les revolvers franchissent
facilement le seuil de la prison. Et alors qu'il m'explique,
je me sens devenir couillon, pas vraiment au fait de l'ingéniosité
du désespoir. Il s'était brusquement emparé du stylo avec
lequel je prenais des notes, et s'exclame : "Pen-gun !".
Je suis du regard ses mains qui miment les gestes de la
fabrication d'une arme à tuer. Les composants d'un baladeur
et un stylo suffisent. Les projectiles sont plus difficiles
à trouver. Mais si on connaît la bonne personne à qui s'adresser,
pas de problèmes pour s'en procurer. Les MacGyver ne répandent
pas une odeur de sainteté. 70 % des détenus de Rikers Island
ont une chance d'y retourner dans les deux ans suivant leur
remise en liberté. Mais Tiger a retrouvé sa bonne étoile.
Tiger's Brooklyn's Tails
"Aujourd'hui, mon comportement est différent de celui que
j'avais en prison. Là-bas, il fallait vraiment faire le
dur. Mais je ne peux plus faire confiance à personne. On
ne sait jamais de quoi est capable quelqu'un. Cet épisode
de ma vie m'a donné une bonne leçon : il n'était pas question
que je vive ainsi toute ma vie, comme un criminel, et aller
en prison. J'ai pu sortir grâce à un peu d'argent que je
m'étais fait en travaillant. à l'intérieur, ils vous donnent
un boulot. J'étais "housegang". Je bossais dans les parties
communes : balayer, nettoyer la télévision et faire attention
à ce que personne ne la foute en l'air, ni le téléphone.
J'ai pu mettre de côté entre 400 et 500 dollars. C'est tout
l'argent que j'avais quand je suis sorti." Retour à la case
départ du Monopoly humain. Le délinquant repenti est amené
à suivre un programme de l'État pour jeunes en voie de réinsertion
sociale. C'est dans ce cadre qu'il fait une rencontre décisive,
celle d'un mec que Tiger croit bisexuel et qui, constatant
que la musculation en prison avait plutôt bien dessiné les
72 kg d'un Tiger Tyson alors trapu, lui suggère d'en tirer
profit financièrement en faisant le gogo-boy. En dépit des
hésitations de Tiger, le garçon lui fait rencontrer les
propriétaires du Web, une boîte gay asiatique. Ils finissent
par le convaincre, et Tiger y retourne la nuit tombée. Succès
et re-belote. Puis deux fois la semaine suivante. 2 500
dollars pour quelques prestations. Une belle somme d'argent,
joliment gagnée. Le danseur en herbe, déjà très doué, se
met à chercher, à faire le tour des clubs pour augmenter
la mise. "J'ai rencontré un autre gars quand je dansais
au Web. Il s'appelait Malice. Il avait travaillé avec le
réalisateur de vidéos pornos Enrique Cruz. Je n'avais jamais
couché avec un mec. Je n'y avais pas vraiment pensé. J'y
ai réfléchi, et puis j'ai rencontré Enrique. Et on a fait
la vidéo Sweat & black. C'était un peu un essai, pour voir
comment je me débrouillais. Le résultat était très bon."
Drôle
d'endroit qu'un tournage de film pour faire ses premières
expériences homosexuelles, quand d'autres baisent pour la
première fois au lit à l'abri des regards, Tiger doit s'exposer.
Pas évident : "J'étais tellement défoncé et saoul, que tout
m'était égal. Pour la première scène, j'avais peut-être
fumé quatre ou cinq joints, et bu six cannettes de Heineken
pour me lancer. Je l'ai juste fait, défoncé. Pour te dire
la vérité, c'est la même chose aujourd'hui. Fumer de l'herbe,
ça m'excite, ça me rend assez sexuel. Je ne me suis pas
senti moins bien, pas moins qu'un homme. Je ne me suis pas
senti différent. Et en plus, j'avais de l'argent, de la
nourriture, un endroit pour vivre." Après Sweat and black,
ne manque plus qu'un film pour mettre le jeune homme sur
les rails du succès. D'une dizaine d'années son aîné, Enrique
voudrait que son film suivant repose entièrement sur les
épaules de Tiger, et lui propose de s'impliquer complètement
dans l'aventure. Il commence par lui soumettre un script
que Tiger jette illico à la poubelle après l'avoir lu. Pour
faire Tiger's Brooklyn's Tails, le réalisateur n'a d'autre
choix que de donner carte blanche à la forte tête : "Je
n'aimais pas du tout ce script. Ça n'était pas moi. J'étais
supposé me conduire comme une brute venue de la rue. Dans
ce film, moi, je voulais introduire une dose de réalité.
Par exemple, je peux très bien sortir dans une boîte où
on rencontre des mecs bien foutus et chauds qui peuvent
vraiment m'attirer. C'est sûr, ils adoreront sortir de la
boîte juste pour tirer un coup. Pour moi, c'est glauque.
Ça n'est pas moi. Je suis davantage une personne sensuelle
et aimante. J'ai un gros cour. J'ai besoin de connaître
la personne, même si je sais que je ne pourrais pas avoir
une relation amoureuse suivie avec un mec." Sorti en 1997,
le retentissement de Tiger's Brooklyn's Tails ne se dément
pas. Bonnes critiques et récompenses pleuvent sur ce film
qui lance la carrière de Tiger Tyson en même temps qu'il
ouvre la voie du succès à la maison de production de Enrique
Cruz, La Mancha-vidéo.
Not a "porn-Star"
Signe prémonitoire de désillusions à venir ? Après la sortie
du film, Malice, qui avait déniché Tiger Tyson au Web, jette
l'éponge. Il n'avait pas supporté pas que son nom apparaisse
en deuxième au générique. Jalousies et rancours n'épargnent
pas le milieu du porno. On a beau se montrer à poil dans
toutes les positions, les flétrissures d'orgueil n'en sont
pas moins cruelles. Tyson et Cruz poursuivent leur collaboration
en enchaînant quelques films à la suite. L'accueil enthousiaste
des spectateurs vidéastes les met en appétit. Leurs esprits
bouillonnent de projets. Vont s'ensuivre des soirées dans
les clubs, qui drainent une foule très dense, attirée par
l'idée de voir Tyson en sueur, en chair et en os. Curieusement,
la première soirée a lieu à Dallas, dans l'état le plus
conservateur des États-Unis. Des stars du porno à l'affiche,
ça attire du monde. Le concept peep-show/night-club fonctionne
à plein régime. Enrique Cruz se met en contact avec d'autres
boîtes, mais des tensions apparaissent entre les deux hommes.
"Je ne veux pas en parler. Il n'a pas agi de la bonne manière.
J'ai décidé de démissionner parce que j'avais l'impression
d'être mené en bateau. Il m'a vendu une bonne histoire.
Il m'a laissé croire que si je faisais des vidéos pornos,
un nouveau monde s'ouvrirait pour moi. Il m'a vendu un rêve.
Ça ne s'est pas passé de la manière dont il m'a présenté
les choses." Le porno laisse comme un arrière-goût de trahison
dans la bouche. Tiger quitte Enrique et les productions
La Mancha pour le Latino Fan Club, du tout aussi fameux
Brian Brennan. Les rapports sont meilleurs, du donnant donnant.
"Il n'y a jamais eu de malentendus. Ils ont toujours tenu
leur parole par rapport à l'argent. This is what the money
is like, this is what you gonna get. Je passais moi-même
mes contrats, personne d'autre ne le faisait à ma place."
Sa
dernière prestation en vidéo remonte à il y a un peu plus
d'un an. Il jure que c'est la dernière fois. Il préfère
exploiter son physique en posant dans la presse de charme.
Des magazines de cul spécialisés comme Machismo ou Latin
Inches lui consacrent leur couverture. En 1998, le photographe
new-yorkais et underground Aaron Cobbett réussit à le faire
poser dans son univers érotico-sucré. De toutes ces photos,
il tire une grande fierté, sans qu'on sache vraiment si
c'est le travail du photographe ou son propre corps qui
le flatte. Le qualificatif de "porn-star" le gêne un peu
: il préfère celui de "modèle". C'est sans doute moins le
mot porn qui le dérange que celui de star. "Quand je marche
dans la rue, des gens qui me reconnaissent m'arrêtent pour
signer un autographe. Mais je n'ai pas la grosse tête."
Réflexe communautaire, le titre de "porn-star" ne colle
pas non plus avec les aspirations du jeune homme moitié
afro-américain, moitié portoricain. "Je voudrais représenter
quelque chose pour ma communauté. Je préférerais faire des
choses qui feront que je deviendrai un idéal pour quelqu'un."
Un "modèle" quoi. Citant spontanément ses deux acteurs fétiches,
Robert de Niro et Al Pacino (surtout dans Scarface), il
rêve de jouer dans un film grand public, voire d'en réaliser
un sur la mafia du ghetto. "Cela dit, je ne sais pas comment
les choses ont pu se passer aussi vite. C'est clair que
mon physique et mon attitude y sont pour quelque chose.
J'imagine que c'est mon attitude "get and go" en non-stop."
Bam-Bam's
Start-up
Comme du "get and go" à la "start-up", il n'y a qu'un pas,
ce self-made man nouveau genre, aussi proche de Rockfeller
que Jospin l'est de Jean Jaurès a décidé de monter un objet
dans l'air du temps. En 1999, dans une boîte gay latino
de New York, la Escualita, il fait la connaissance de Robert
avec qui, au fil de la discussion, il évoque la possibilité
de monter un site Web autour de son nom. Pari est pris.
Robert fait appel à deux amis, l'un Web designer, l'autre
en possession d'une société d'informatique. www.tigertysonproductions.com
est née. Sa petite entreprise deviendra-t-elle fructueuse
? Lui-même ne le sait pas. "Des tas de gens passent leur
vie entière à se demander ce qu'ils vont faire à l'avenir.
Moi, je vis au jour le jour. J'ai seulement 22 ans et je
ne sais pas vraiment ce que je veux faire. Tellement de
choses. Je suis très curieux. Donne-moi une radio, je la
casserai pour la remonter ensuite, morceau par morceau.
Je suis agile de mes mains et mon imagination n'a presque
pas de bornes. J'adore dessiner, surtout des Toons, je me
sens proche des gens en général, j'ai sauvé des vies en
faisant des massages cardiaques. De quoi ma vie sera faite
demain ? Je pourrais être membre du gouvernement, qui sait
?" Tiger Tyson me confie qu'il aime beaucoup écrire et qu'avant
de rédiger une autobiographie ("vers l'âge de 26 ou 27 ans"),
il a déjà écrit une histoire d'amour de "45 pages". Seule
Sharon, qui venait lui rendre régulièrement visite quand
il était en prison et avec qui il partage maintenant son
quotidien dans un appartement de Brooklyn dans le quartier
de Flatbush, a pu le lire.
Il déclare mener une vie plutôt paisible, rythmée par les
shows, les séances de photos et la gestion de son site.
Maintenant qu'il gagne correctement sa vie et qu'il évolue
dans le confort, a-t-il l'impression d'avoir changé ? "L'argent
ne fait pas le bonheur d'une personne. J'ai vécu dans le
ghetto. Je me souviens des jours où je n'avais que de l'eau
et du pain pour me nourrir. Maintenant, je vis heureux.
Je n'ai pas spécialement envie d'être riche. Je crois que
je m'ennuierais à mourir. Mais quand j'étais gamin, j'étais
un sale gosse, un petit garçon trop gâté qui se mettait
en colère quand il n'obtenait pas ce qu'il voulait." Peut-être
que le Tiger a également hérité de son enfance son hobby
préféré : la pêche. "Je vais pêcher dans l'Hudson River
mais aussi dans le grand lac de Prospect Park près de chez
moi. C'est une de mes nouvelles passions. Si tu veux vraiment
devenir copain avec moi, il faudra t'y mettre." à bon entendeur.
Alors, Tiger, grand gamin ou gros matou ? Avant qu'on se
quitte, je lui demande pourquoi ce pseudonyme de Tiger Tyson.
Il répond : "On m'a demandé de choisir parmi une liste de
noms. "Tyson", ça m'a bien plu. Quant à "Tiger", ça sonnait
bien avec Tyson, c'est tout. Mais au départ, moi, je voulais
qu'on m'appelle comme le petit garçon de la famille Pierrafeu
: "Bam-Bam"."