|
Les Documents Ethniks
et Gays
INTERVIEW ENRIQUE CRUZ
Enrique Cruz était
l’invité d’un BBB Spécial
Latino Boyz 2. Il est venu avec ses modèles qui
ont accompli un show hip hop very hot.
A New-York, Enrique Cruz
est le fer de lance d’une culture gay "blatino".
Il réalise des films pornos exclusivement black
et latino et organise des soirées rap homo. Ce
jeune Portoricain originaire du Bronx permet à
toute une génération issue du ghetto d’affirmer
son identité : hip hop et gay.
E.C. J’ai
31 ans, je suis d’origine portoricaine.je suis
né et j’ai grandi à New-york, à
Spanish Harlem et dans le Bronx.J’ai eu ma première
expérience homosexuelle tard, à 22 ans.
C’était avec un métis mi black mi
latino. Nous travaillions ensemble à l’université,
nous sommes devenus amis, et je lui ai dit qu’il
me plaisait.
C’était difficile,
avant, pour les Latinos d’exprimer leur désir
pour d’autres Latinos?
E.C. Oui, parce
qu’aujourd’hui encore, les familles sont
extrêmement conservatrices, principalement à
cause de la religion. Dans notre culture, un latino
ne peut pas être homo, et ne peut logiquement
pas désirer un mec de sa communauté.
Ce n’est pas le cas
dans vos films...
E.C. Oui, en effet,
mes personnages sont jeunes, blacks et latinos, issus
du ghetto et cherchent à se rencontrer. C‘est
un point de vue vraiment nouveau. Dans les vidéos
X que j’avais vues avant d’en faire moi-même,
cela n’existait pas. L’exemple le plus frappant
ce sont les premiers films du Latino Fan Club, où
c’était toujours de vieux hommes blancs
qui convoitaient des jeunes latinos de banlieue présumés
hétéros.
Comment décririez-vous
alors l’univers de vos vidéos LaMancha
?
E.C. Multiculturel,
latino, black, et hip-hop. C’est plus proche de
la réalité de ces jeunes de 20-30 ans,
nés en banlieue. L’univers dans lequel
j’ai évolué, par exemple, a influencé
mon comportement gay. Quand vous n’êtes
pas un homosexuel avoué, vous baisez avec des
garçons non efféminés. Vous convoitez
ce qui vous ressemble et fait partie de votre environnement
immédiat. J’observe cela chez les jeunes
du ghetto : la façon dont ils se draguent dans
le métro, la manière dont ils se regardent,
se parlent, le contact du regard. C’est le style
"ruffneck " (racaille) récupéré
par cette nouvelle tribu homo-ethnique.
Va t-on vers une culture
hip-hop gay?
E.C. La culture
hip-hop est une culture très machiste et très
homo érotique. Et homophobe…c’est
ce qui la rend excitante, à mon sens. La façon
dont deux Latinos ou deux Blacks vont se draguer dans
la rue est sûrement différente de la façon
dont se dragueraient des Blancs. Les codes et les attitudes
sont influencés par le hip hop.
C’est un peu ce que
vous montrez dans Tiger Brooklyn Tails, votre deuxième
film. Peut-on dire qu’il est proche de vous ?
E.C. Absolument.
Tiger Brooklyn Tails c’est l’histoire d’un
jeune Latino du ghetto, qui franchit le pas en ayant
des rapports homosexuels avec des jeunes de son quartier.
Beaucoup de mecs de banlieue ont pu s’identifier
au personnage de Tiger Tyson, acteur de ce film, racaille
dans la vie.
En dehors de vos films,
vous organisez aussi des soirées rap et gay,
c’est une première ?
E.C. Ce sont des
soirées à tendance porno où les
modèles de mes films font des shows J’ai
commencé ces soirées il y a un an maintenant.
Au début elles étaient mensuelles, puis,
devant le succès, elles sont devenues bimensuelles.
La musique est hip-hop, rap et tribale. Beaucoup de
jeunes très très beaux y viennent et c’est
ce qui fait qu’elles sont réussies. Je
vois arriver une nouvelle génération de
jeunes Blacks et Latinos aux apparences dures, lookés
rap, qui se regardent, se frôlent, mais qui ont
rompu un tabou : ils se désirent.
Recueilli par Fouad ZERAOUI
|