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Rachid O. à la Villa Médicis.

La villa Médicis gérée par la Fondation de France à Rome, accueille en ce moment en résidence et ce depuis le mois d’octobre dernier l’écrivain
marocain Rachid O.

Né à rabat en 1970, ce dernier a publié chez Gallimard, L’enfant ébloui, Plusieurs vies et Chocolat chaud, ainsi que de nombreuses nouvelles.
L’Académie de France à Rome est fondée en 1666 selon la volonté de Louis XIV. Elle a accueilli au fil des siècles les plus grands artistes français
(Fragonard, Ingres, Berlioz, Carpeaux, Bizet, Debussy, Tony Garnier...).
Elle remplit deux missions complémentaires : offrir la possibilité à des artistes et à des spécialistes français de se perfectionner dans leur discipline au contact des réalités italiennes tant présentes que passées et stimuler les relations et les échanges culturels entre l’Italie et la France.
Nous attendons avec impatience les fruits de cette résidence.


Abdellah Taïa, Mon Maroc (Éditions Séguier)
un jeune talent à suivre.

Originaire de Salé, Abdellah Taïa, 27 an, publie son premier roman aux éditions Séguier. Intitulé Mon Maroc, le récit est une plongée dans l’intimité d’un jeune garçon qui grandit dans un quartier populaire et s’éprend très vite de cinéma et de littérature. L’auteur a déjà publié quelques nouvelles notamment dans le recueil “Nouvelles du Maroc” présenté par Loïc Barrière aux Editions Paris-Méditerranée en 1999, et re-publié chez l’éditeur marocain EDDIF la même année. A une journaliste marocaine qui lui demande s’il n’a pas l’impression de faire un roman avec des clichés, des étapes autobiographiques qui paraissent presque imposées, Abdellah Taïa répond: “ Ce sont peut être des clichés, mais ce sont des moments qui appartiennent tellement fort à ma vie, qui ont été tellement importants pour moi que je ne vais pas commencer à me dire de ne pas les raconter parce que les autres l’ont fait avant moi. Ce sont peut être des choses qu’on a vues ailleurs mais ce qui semble original c’est ma voix, ce que moi je peux en dire. Je n’essaye pas de retracer ce que c’est que la société maghrébine, ma revendication est intimiste et mon projet littéraire autobiographique. De toutes façons, dans tout cliché il y a une part de vérité et c’est à l’écriture de permettre d’atteindre l’essentiel.”
Levée de l’interdiction
sur Le pain nu de Mohamed Choukri.

L’interdiction dont fait l’objet le roman de Mohamed Choukri depuis des décennies vient enfin d’être levée. L’information est tombée lors du dernier salon du livre de Casablanca il y a deux mois.

Né en 1935 dans le Rif Marocain, Mohamed Choukri débarque à Tanger à l’âge de sept ans avec ses parents fuyant la famine qui sévit dans le Maroc oriental. Durant son adolescence il mène une vie de vagabond et subsiste en faisant toutes sortes de petits métiers. A l’âge de vingt et un ans, il entre à l’école, apprend à lire et à écrire et devint instituteur. En 1966, il publie ses premières nouvelles. En 1981, paraît à
Paris Le pain nu traduit en Français par Tahar Ben Jelloun, première partie de son autobiographie.

Le manuscrit orignal en langue arabe avait été refusé par plusieurs maisons d’éditions arabes, parce que Mohamed Choukri y raconte des choses qui ne se disent pas chez nous ou du moins qui ne s’écrivent pas chez nous. La misère, la famine, la drogue, la haine du père, ses premières expériences sexuelles avec des prostituées, une expérience homosexuelle avec un vieux européen, le tout dans un language plus que crû! Choukri a influencé toute une génération d’écrivains, et des jeunes aujourd’hui se revendiquent son héritage! Il a côtoyés aussi des grands écrivains qui ont séjourné à Tanger comme Paul Bowles, Jean Genet ou Tennessee Williams. Les marocains pourront enfin lire en arabe un livre traduit dans plusieurs langues mais interdit de publication au Maroc depuis des années.


 



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Jeunesse, SIDA et Islam au Maroc:

L’évolution de la sexualité se comprend à partir de la politique marocaine, accusée de vide idéologique, et qui a tenu à concilier l’Islam avec la modernité.

Cette politique a débouché sur la tolérance pratique d’un libéralisme sexuel compensatoire, dans le sens où les jeunes, politiquement et socialement écrasés “s’éclatent” sans toucher à l’ordre établi et à ses invariants fondamentaux et sacrés. En effet, malgré le retard de la modernisation du champs politique, le champ de la sexualité connaît une évolution rapide, caractérisée par l’apparition de pratiques sociosexuelles avancées, insoupçonnées il y a quarante ans (?!!!), tels que la sexualité pré–conjugale, la prostitution masculine, le multipartenariat . La sexualité est même devenue un moyen qui permet aux jeunes de quitter leur pays frustrant et d’émigrer en Europe, elle est un instrument qui permet de garder l’espoir dans un contexte national sombre et fermé. Grâce au “tourisme sexuel” des Européens, des jeunes Marocains peuvent partir, choisis sur leurs performances sexuelles.

Ainsi est présentée la nouvelle enquête d’Abdessamad Dilamy, sociologue et professeur à l’université de Fès qui vient d’être publiée aux éditions EDDIF sous le titre Jeunesse, SIDA et Islam au Maroc. Le sociologue s’est penché sur notre misère sexuelle à nous les Marocains et dans le chapitre sur “les Expériences et pratiques de la sexualité des jeunes marocains” il classe l’homosexualité parmi “les perversions sexuelles infantiles” au même titre que la masturbation et tenez vous bien la zoophilie!

Ensuite l’auteur y revient seulement dans le cadre des “palliatifs sexuels au rapport hétérosexuel”. Ainsi il parle “d’homosexualité masculine de remplacement” , il s’agit de “l’acte sexuel qui a lieu entre deux mâles en raison du manque d’un partenaire sexuel féminin”. No comment!

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