| Coming-out à lAlgéroise (suite) Par: Ali Salem | ||
| Nawel est une bonne copine, qui mest très chère au cur. On a fait connaissance dès la première année de fac. Depuis, on sentend à merveille. Je suis sur que si jétais hétéro, jaurai tout fait pour quelle soit ma petite amie. A vrai dire, jai déjà essayé dans le temps, mais ça na pas trop collé entre nous en tant quamoureux. Je ne sais pas si cest parce que jétais gay ou parce que je nétais pas vraiment lhomme de ses rêves; ou que tout simplement il ny avait entre nous quune vraie amitié sincère et fraternelle sans plus. |
Le mode de vie de certains sen est retrouvé bouleversé. Non seulement il était devenu plus facile de rencontrer des amants, mais on pouvait aussi se faire des amis. Des réseaux se sont créés et une communauté, pour linstant "virtuelle", commence à pointer du nez.
Lavenir nous montrera si Internet permettra ou non lémergence dun mouvement de libération homosexuel dans nos pays ou du moins y contribuer. On nen est peut être pas encore là, mais le plus urgent aujourdhui, cest de libérer la parole, la kelma... Et les homosexuels marocains sen donnent à coeur joie, ce témoignage récupéré sur le web en est un exemple poignant. Je te promets, Wallah, je ne le dirais à personne, déjà que jai du mal à laccepter moi même ! Tu vois, que ce nétait pas une chose facile à balancer ? Et maintenant dis moi sincèrement, on est toujours amis ? Malgré tout ce que je viens de te dire ? Nawel, déboussolée : " Oui, bien sûr. Mais, donc tu me mentais quand tu mavais demandé de sortir avec toi en première année, et quand tu ma demandé que je te fasse le coup avec Souhila, ensuite ?! " Confus, je répondis: " Oui et Non... Ne le prends pas mal et ne linterprètes pas comme ça, sil te plaît. Je vous aimais bien toutes les deux, dans chacun de ces moments, et jétais très sincère. Mais je ne vous désirait pas, en plus moi-même durant ce temps là je ne me retrouvais pas, je me mentais! " Nawel, me posa une autre question mais avec beaucoup dhésitation : " Et as-tu déjà fait lamour avec un homme ? ". Je sentais dans sa réponse un espoir de réponse négatif. Pour la rassurer, je répliquais : " NON !... Mais ça va pas ? Cest seulement dans ma tête que ça se passe, pas plus pour le moment! " Et puis de nouveau, un silence régna entre nous. Je sentais que Nawel narrivait pas à accepter la nouvelle, à la gober. Je la comprenais, car ce nétait pas facile pour elle davoir un ami intime depuis quatre ans, qui lui faisait croire et à tout le monde quil était hétéro et voilà que tout à coup il lui balance quil aime les hommes ! Surtout quen plus quil nétait pas efféminé, et donc rien ne laissait présager quil était gay. De mon côté, jétais très soulagé. Cétait comme si javais un poids sur mon cur et ma langue, et quon men avait débarrassé. Mais jétais très inquiet pour Nawel. Je sentais quelle était vraiment secouée, désorientée. Elle ne se retrouvait plus. Et voilà quelle coupa ce silence de nouveau, en me disant : " Donc, il y a sûrement des mecs à la fac, que tu trouves mignons ... par exemple les mecs que je tai montrés et qui me plaisaient, tu ne les désirerais pas ? ". Je me suis senti mal à laise en entendant cette question, jai rougi et je lui ai répondu avec une voix toute timide : " Oui, il en existe quelque uns, mais sil te plaît ne me demande pas de te les montrer ! " Ensuite, elle enchaîna : " Mais vraiment dis moi ce que tu trouves dattirant chez les mecs? Regarde les femmes, elles ont beaucoup de choses avec lesquelles elles peuvent faire charmer et faire profiter les hommes... Regarde, elles ont un beau visage, des seins, une belle taille, de belles fesses . tout ça, en plus elles sont douces et tendres, alors que les hommes nont rien de tout ça!" Je lui répond, avec assurance : " Ecoute, ce que tu trouves dattirant chez un homme, je le trouve aussi, daccord !!! ", En tout cas on sentait de ses réponses, quelle narrivait pas à accepter mon homosexualité, mais aussi quelle avait un désir et une volonté pour me faire changer. Et voilà quon arrive à la station où elle allait prendre son bus pour partir à la maison. En se quittant ce jour là, je lui ai dit : " Jespère en tout cas , quen tavouant mon secret, je ne tai pas trop choquée, et que notre amitié et notre complicité resteront toujours les mêmes, et que rien ne les perturbera. Jespère aussi que tu maccepteras comme je suis, car en moi rien na changé, cest toujours Ali que tu as connu avant, cest seulement toi qui a découvert une partie de sa vie intime quil a jusque là caché, cest tout ! " Elle me répondit : " Je ne te cache pas, ce nest pas facile pour moi de faire comme si rien ne cest passé, mais ne tinquiètes pas, tu resteras toujours mon ami, et comme promis je ne dirais rien à personne car même si je voulais le dire, personne ne me croira... Seulement il me faut du temps pour accepter ça! " Et en rentrant ce jour-là à la maison, jétais très heureux, calme, comblé. Je me disais que javais pu réaliser ce qui me manquait. Je sentais que jétais maintenant parfaitement équilibré et sûr de moi, plein despérance pour affronter mon avenir, tout en étant gay et heureux de lêtre. Jai essayé de repenser chez moi à cette journée, à cette marche et à laveu que javais fait à mon amie. Javais limpression que cette discussion avait duré des heures et des heures, alors quelle na duré guère plus que quarante minutes ou trois quarts dheure. Cétait très stressant et très pénible comme situation. Cette nuit là, javais dormi comme un bébé, sans que rien ne me stresse, ni me brouille les idées. Durant les jours qui suivirent mon coming-out , Nawel avait tout essayé pour me faire aimer les femmes et apprendre à les draguer et les désirer. Elle me demandait dessayer de fantasmer et de me masturber en pensant à une belle femme. Au début jai essayé de rentrer dans son jeu. Je fournissais des efforts pour me faire aimer les femmes. Je le faisais pour quelle ne se dise pas que jai rejeté tout effort venant de sa part. Mais, après quelques jours, je lui ai fait comprendre que jétais définitivement gay et quil n y avait rien à faire. Une fois, elle ma avoué qu elle avait essayé de mimaginer entrain dembrasser un autre homme, et quelle avait trouvé ça très dégueulasse. Cette image décurement et de dégoût a commencé à faire pression sur notre amitié. Elle ne me parlait plus comme avant, était toujours à mes trousses pour suivre mon regard à la fac et dans la rue pour vérifier si jétais entrain de draguer un mec. Jétais devenu pour elle, une chose bizarre, une curiosité qui pouvait faire des choses abominables. Mon image à ses yeux commençait à se ternir petit à petit. Ce lien damitié qui nous unissait commençait à lâcher. Elle ne me voyait plus de la même manière quavant, car malgré le fait quelle me connaissait bien, elle narrivait plus à faire lassociation entre ma personne et limage du gay très mauvaise dans sont esprit et que la société algérienne à façonnée et a modelée et transmis aux algériens comme elle (pour eux gay veut dire, pouffiasse, prostitué, malade mental, obsédé sexuel ..etc., enfin tout sauf un être humain!), Je me disais quil fallait absolument que je sauve cette amitié qui était très noble et sincère, et quil fallait que je fasse quelques concessions de ma part. Et donc jai dû mentir un jour à Nawel, en lui disant que jai avoué ça à mes parents aussi, et quils mont emmené chez un psychiatre pour trouver une solution à ce problème. Ce dernier maurait fait passer une série de tests de personnalité, et maurait réconforté en me disant que jétais bien un hétéro qui dans un délire sest imaginé quil était gay pour combler le vide sentimental dans lequel il vivait, afin de chercher ailleurs cet amour perdu en simaginant quil le trouverait chez un autre homme comme lui, car il a trop souffert des femmes et du bla-bla de ce genre. Et voilà que Nawel, accepta mon mensonge trop facilement, je me disais que peut être elle nattendait que dentendre ça de moi ? Ensuite jai rajouté pour faire un peu véridique, que le psychiatre allait menvoyer chez une psychologue faire une psychothérapie pour que je redevienne " Normal ". Heureusement que Nawel, est un peu naïve. Un peu beaucoup dailleurs, car elle a gobé ce mensonge sans se douter de rien, ni remettre en cause ce que je lui ai avoué. Et depuis, on na jamais fait sortir cette histoire entre nous, pour elle ce nétait quun incident mineur, car jétais malade et fatigué un peu, aussi je vivais un vide sentimental. Aujourdhui elle reste toujours une très bonne amie, on est toujours très proches lun de lautre, et je sais quà ses yeux je suis toujours un hétéro. Moi aussi je joue toujours devant elle les hétéros. En tout cas refaire pour le moment le " Coming Out "? Jamais, non merci ! Peut être un jour, on ne sait jamais, lorsque lhomosexualité en Algérie, ne sera plus mal-vue comme un tabou ou un péché ou encore une maladie voire une tare! Avec lespoir que quand ce beau jour viendra alors que je serais toujours en vie. Pour linstant, je continuerais à vivre mon homosexualité discrètement avec dautres gays vivant en Algérie ou ailleurs, sans déranger, ni choquer le reste de la majorité des hétéros. Ali Salem, Alger |
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