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Un jeune coiffeur homosexuel assassiné à Tanger
Crime au parfum Islamiste


Coiffeur homosexuel retrouvé assassiné chez lui, Houcine El Ouriachi était connu pour n’avoir pas de famille. Voilà qu’un islamiste de Al Adl Wal Ihssane, Hassan Chourak, se pose en frère adoptif de la victime pour réclamer son héritage. Stupéfiant!
Par Abdellah Chankou.


Paru dans Maroc Hebdo International
n°452 du 16 au 22 Fév
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Les Tangérois ne parlent que de ce crime
crapuleux qui a secoué leur ville fin janvier 2001.
Un crime qui frappe l’imagination et délie les langues. L’histoire serait banale si un volet inattendu et choquant ne s’est pas fait jour pour donner une autre dimension à l’affaire : un militant local de l’association Al Adl Wal Ihssane, du nom de Hassan Chourak, vétérinaire de son état, s’est signalé aux autorités comme étant le frère adoptif de la victime pour réclamer sa part de l’héritage.

Abandon.
La victime est Houcine El Ouriachi, jeune coiffeur aux moeurs particulières, retrouvé assassiné dans son appartement, à Tanger.
Mieux, c’est le mouvement de Cheikh Yassine, mené par Chourak lui-même, qui a organisé, dimanche 28 janvier, les obsèques du défunt en présence d’une brochette de militants locaux de cette association.
Interrogé par la police judiciaire sur son lien de parenté avec la victime, M. Chourak a expliqué sans ciller : "Le défunt est mon frère d’adoption, puisque c’est ma mère qui l’a élevé et par conséquent les biens qu’il a laissés reviennent de droit à notre famille " . Or, on ne connaissait ni père ni mère à la victime, jusqu’à son assassinat.
Houcine El Ouriachi a été apparemment abandonné à sa naissance avant qu’il ne soit adopté par la famille de cet islamiste.
Or, personne, jusqu’aux autorités locales, n’était au courant que le coiffeur avait une famille d’adoption. Voilà qu’on lui découvre des frères et des soeurs! Les gens, stupéfaits, se posent cette seule et unique question: Que vient faire une organisation qui a érigé la vertu et la rectitude en valeurs cardinales dans une affaire aussi sordide?
La victime, en effet, était connue pour sa vie dissolue et sa propension
accentuée au libertinage. Le policier de service de la brigade judiciaire de Tanger n’avait pu réprimer un haut-le-cour quand il avait trouvé le corps du jeune homme assassiné, la découverte est plus que macabre. Il en a vu d’autres mais jamais de pareilles. Sous ses yeux, une image insoutenable. Un corps nu couché de biais sur le ventre. Quelques bouteilles d’alcool vides sont jetées sur le parterre. Une odeur viciée empeste l’air. Dégoûté, il quitte l’appartement presque en courant.


Sévices

C’est son collègue, assisté d’un médecin légiste, qui prend sur lui d’examiner le cadavre. Complètement refroidi et même en cours de décomposition, celui-ci a subi un traitement horrible. Il porte des traces de sévices sexuels et d’un coup fatal à la naissance de l’oreille droite. Un crime odieux.
Houcine El Ouriachi était le coiffeur attitré de l’hôtel El Menzeh de Tanger. Un hôtel prestigieux fréquenté par une clientèle huppée du Maroc et surtout de l’étranger.

Manières
C’est dans ce palace que Houcine El Ouriachi tenait depuis 6 ans environ un salon de coiffure. Le figaro ne cachait pas son homosexualité. Bien au contraire. Il en était fier. Mignon, il en rajoutait même un peu.
Son look était efféminé. Comme ses manières. Joli minois, démarche chaloupée, sourire canaille, voix de fausset, regard lascif, lèvres sensuelles, tout en lui attirait l’attention.
C’est naturellement qu’il séduisait les gens comme lui. El Ouriachi n’a pas besoin de fournir d’effort, ni de faire le tapin. On venait le voir dans son lieu de travail. Pour couper les cheveux et évidemment pour autre chose.
C’est là qu’il faisait son numéro et menait ses conquêtes. La direction de l’hôtel, repris il y a quelques années par un groupe irakien, fermait les yeux. Pourvu que ça marche. Et ça marche. Le salon de coiffure
figure parmi les services d’El Menzeh qui tournent le mieux. L’appartement de Houcine El Ouriachi était, lui, un véritable centre d’accueil. Les "visites" n’arrêtaient pas. Jour et nuit.
Les conquêtes occasionnelles et les amants plus ou moins fidèles défilaient les uns après les autres. Ainsi était le coiffeur. Il brûlait la vie par les deux bouts.
Alcool. Orgies. Stupre.
M. El Ouriachi aimait aussi se déguiser en travesti et donnait chez lui des soirées roses. Des photos le montrent en train de se trémousser, sous le regard affectueux de ses congénères.
M. El Ouriachi, qui vivait à 100 à l’heure, entretenait des relations sentimentales particulières avec un ressortissant belge. Avec ce dernier, du nom de Bart Sterckx, qui ferait partie d’une organisation liée au crime organisé, le coiffeur avait même une liaison "maritale".

Lubie
Quand Sterckx débarque à Tanger, El Ouriachi se dédiait uniquement à son partenaire. Le couple, au vu et au su de tout le monde, écumait les boîtes de nuit de cette ville restée fidèle à sa réputation de cité mystérieuse et fascinante, qui a attiré de tout temps une faune spéciale. Trafiquants, artistes, créateurs, écrivains, commerçants.
Le Belge couvrait son amant de cadeaux. Voitures, vêtements de luxe et dépenses folles. Il ne lui refusait pas la moindre lubie. Le grand amour. Il lui a même acheté un appartement, celui-là même où il a été découvert assassiné.

Alors qui a tué le coiffeur d’El Menzeh ?

Les enquêteurs chargés du dossier orientent leurs investigations vers son entourage.
Après interpellation de plusieurs amis de la victime, il semble que la police possède une piste sérieuse. Une de ses connaissances marocaines, qui est actuellement en fuite. Ce suspect de sexe masculin n’était pas seulement le dernier à avoir vu le coiffeur avant sa mort, il se trouvait dans l’appartement même du coiffeur au moment de l’assassinat.

Crime passionnel ?

Ca en a tout l’air. Quant à l’islamiste prétendant être le frère de l’homosexuel disparu, il n’en démord pas. Il tient absolument à se poser en héritier de la victime. Une victime qui a laissé tout de même un compte bancaire de 130.000 DH et quelques biens immobiliers.
Le coiffeur n’a-il pas passé sa courte vie à se vautrer dans la dépravation totale ? Il est vrai que l’argent n’a pas d’odeur.
La victime en travesti dans une soirée (photo)

P.S.: l’article est repris tel qu’il a été publié dans MHI, nous regrettons les quelques jugements de valeur et n’en sommes point responsables.
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