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NOUVELLE :

ELLE, Par Rehab

Chères amies,
Je vais vous raconter mon histoire pour vous montrer combien est formidable cet amour que je ressente pour ELLE. Un certain dimanche, j’ai pris le train qui m’emmenait vers ELLE.
Nous avons décidé de nous rencontrer et de déjeuner chez un ami, et ce déjeuner organisé, dans cette journée d’été, était ma première rencontre avec ELLE.
J’ai prié mon ami de venir seul, sans ELLE. Et en route chez lui, je lui ai posé la question "comment est-ELLE ?". Il m’a répondue "ELLE est adorable !".
Mais avant de vous la décrire, je vais vous avouer mes pensées et mes questionnements.
Installée dans le compartiment, à peine le train a démarré, j’ai commencé à me poser des questions : comment serait-ELLE ? Brune, blonde, petite, grande. J’étais séduite par sa voix, non, je l’ai aimée à travers la résonance de sa voix. Comment seront-ils : son corps, ses cheveux, ses yeux, sa bouche ? Comment rit-ELLE ? Comment va-t-ELLE m’accueillir ?
Moi, particulièrement, je n’avais aucune préférence. Je ne demande rien. Tout ce que je veux, tout ce que je cherche, c’était une femme : un esprit féminin et un corps féminin ; des qualités spirituelles et des capacités intellectuelles.
Ce que je cherche et un jour, toute seule, je l’ai avoué en une déclaration à Dieu, à Lui seul : "Je veux une femme qui m’aimera, que j’aimerai, qui lira ce que j’écris, qui comprendra ce que je dis et qui partagera la vie avec moi avec ses joies et ses peines et qui restera avec moi jusqu’à la fin de mes jours".
C’est tout ce que je cherche ! Est-ce trop demander ? !
Arrivée chez lui, je suis entrée, je l’ai saluée. Enfin, ELLE est à côté de moi, je me suis retenue, "mais c’est la première fois, il ne faut pas précipiter les
choses", je me suis dis au fond de moi. Non, je plaisante en fin de compte. J’ai voulu la découvrir, la connaître, la voir par mon coeur. ELLE était ravissante, tout à fait différente de ce que j’ai imaginé, de ce dont j’ai rêvé ou de ce que sa voix m’a fait rêver.
Nous avons parlé de nous. Chacune a avoué à l’autre ses sentiments, ses penchants. Nous avons parlé de l’enfance, de l’adolescence, quelques secrets et des banalités.

ELLE était discrète, intelligente, observatrice et silencieuse. Moi, par contre, j’étais ouverte, bavarde, rieuse. J’étais libre de parler de moi. Oui, j’ai parlé de moi sans gêne, tout à fait le contraire d’ELLE, car j’étais au sein de ma communauté, un groupe d’amis, qui partagent avec nous les mêmes
sentiments. Je ne sais est-ce qu’ELLE était gênée par ma présence, par cette première rencontre ou ELLE était juste timide ?
Mon amour est différente de moi. Elle a mené bien les choses. ELLE m’a aidé à m’approcher d’ELLE petit à petit, à la connaître goutte à goutte, à en mourir de désir à côté d’ELLE, à tomber follement amoureuse d’ELLE.
La nuit, j’attendais quand s’élèvera le jour pour l’appeler ; le jour, j’attendais la nuit où je serais sur mon lit pour rêver d’ELLE et m’enflammer jusqu’à jouissance.
Je l’aime, elle m’a donnée tout et de mon côté, j’étais encore plus généreuse qu’ELLE. Une fois à côté d’ELLE, le désir, béni par les dieux, monte, atteint les cieux. A côté d’ELLE, je ne cesse de la serrer, de la caresser, de l’embrasser et ELLE de même. Je me sens fondre devant ELLE, déchiquetée en morceaux, coupée en lambeaux. Je suis toujours en ébullition et effervescence. Fiévreuse, je vois dans ses yeux une flamme, une lueur, que seule je comprends, ELLE ne déclare que désir et amour puisque je ressens les mêmes sensations qu’ELLE..

Grâce à ses caresses, j’ai aimé mon corps et tout ce qui le compose : sexe, seins, ventre, visage et bouche. Chaque fois que je le touche, je me souviens de ses caresses, de ses mains le parcourir et de son immense tendresse. ELLE est merveilleuse !
Sa tendresse dans les moments d’intimité me fait oublier tout mécontentement à son égard, me fait patienter dans les moments d’éloignement, me fait jouir dans ma solitude. Sa façon de faire l’amour, de m’aimer me laisse dire
qu’aucun homme ne pourra me satisfaire, me combler ou avoir un rôle, une place dans ma vie.
Ses baisers interminables, ses cris et ses gémissements percent mon univers, m’absorbent pour m’emmener loin de la réalité et des autres, pour me
réconforter, imaginativement, contre la normalité qui me tue et pour me protéger du désespoir. Oui, le désespoir qui m’a accompagné des dizaines d’années avant de rencontrer l’âme soeur et qui m’a plongé dans le noir.
Je ne cesse de me souvenir de ce corps, semblable et beau, se posant sur le mien avec douceur et lenteur. Les prunelles de ses seins qui se dressent, la chaleur de son sexe, scellé au mien, qui se dégage et sa langue, infatigable, parcourt toutes les dunes de mon corps. Des caresses, des attouchements et des baisers et un profond silence n’est percé que par des balbutiements et des chuchotements et des gestes répétitifs et doux. Ces moments d’intimité me paraissaient des moments infinis et éternels qui me font oublier mon auto-contrôle, mon auto-censure, mon mutisme et ma peur.
Je dis, ma sexualité ne s’est pas épanouie que par la présence de cette femme dans ma vie, que je ne me suis arrivée à me comprendre que grâce à ma dulcinée, que ma vie n’a connu une autre tournure et un autre itinéraire qu’après la rencontre de ma moitié. Avec ELLE, j’oublie la peur du ridicule, la gêne, la timidité et on s’éclate, on s’aime et on vit.
Tout ça je le vis en cachette, mais avec délice. Mes souvenirs et mes secrets ne sont partagés qu’entre nous deux. Les autres : famille, entourage et
société, ne savent rien. Ils ne méritent pas de savoir, aveuglés par des dogmes et des lois, ne sauront jamais déguster ces plaisirs et ces délices
interdits.
Avant les larmes me montaient aux yeux lorsque je pense à ma vie, ma double vie, je réclamais reconnaissance et acceptation. Maintenant non, cette vie en couple me plaît et en plus de cette manière.
Seuls les confrères et les consoeurs qui me connaissent, et qui se connaissent en nous, qui partagent avec nous, moi et mon amour, une amitié profonde et enrichissante et ils sont les seuls qui valorisent nos sentiments
l’une envers l’autre, et qui respectent et acceptent cet amour que je défends et je défendrai de toute mon âme, avec toutes mes forces et jusqu’au sacrifice de tout ce qui m’est cher et jusqu’à la fin de mes jours.
Tendrement et sincèrement.
A la prochaine lettre.

Réhab de Rabat.

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