Sommaire| La Vierge des Tueurs | Le cheikh, les homosexuels et l’intolérance Kamel: Je suis arabe et homosexuel !!
L’homosexualité des femmes en Algérie | INTERNET: Le grand échappatoire ! |
Deux Nouvelles
Nouvelles

Nouvelle 1 :

Un coming-out à l’Algéroise
Par Ali Salem

C’était au cours de l’année 1996, j’étais alors un jeune algérien qui commençait à sortir de son adolescence pour découvrir le monde des adultes. Comme tout le monde j’ai commencé à me poser des questions sur mon vrai penchant sexuel. Je savais au fond de moi que j’étais gay, mais il y avait toujours quelque chose en moi qui ne l’acceptait pas. C’était dû, d’un coté à mon entourage familial et mon éducation un peu conservatrice, et de l’autre coté à la très mauvaise image que la société Algérienne donne de l’homosexualité.

Et voilà qu’un beau jour, ensoleillé, chaud du début de l’été 1996, le vendeur de l’épicerie du coin m’avoue sincèrement et clairement que je lui plaisait et qu’il avait envie de passer du bon temps avec moi. Une avance quoi!
Au début, je fus vraiment choqué mais en même temps flatté. Car c’était la première fois que quelqu’un, garçon ou fille d’ailleurs, me faisait une avance. Et voilà que j’accepte automatiquement sa proposition sans même réfléchir. On s’est donné rendez-vous à l’épicerie vers 14h, car il finissait son travail à cette heure-ci, pour aller ensuite chez lui faire ce qu’on avait à faire ensemble.

En rentrant à la maison, beaucoup de questions commençaient à tourner dans ma tête : Comment ai-je pu faire cela ? comment j’ai osé accepter une telle proposition ? qu’est ce qui m’était arrivé pour faire une chose pareille?
Il n’était que 12h30, et il ne restait qu’une heure et demi avant ce fameux rendez-vous. Je me disais: mince, il me connaît à peine, moi aussi je le connaissais à peine, et il voudrait m’inviter chez lui pour faire avec lui des choses très intimes? Ca ne va pas!

J’ai fini par conclure que j’avais fait une erreur et que je devais vite la corriger. Une demi-heure avant le rendez-vous, je suis retourné à l’épicerie. Vous ne pouvez imaginer combien mon cœur battait à fond, comme ci j’allais passer un examen ou je ne sais quoi…

Lorsqu’il m’a vu venir vers lui, je voyais clairement qu’il voulait me dévorer, il était vraiment au anges, hyper content. Je l’imaginait se dire : " Super! Et dire que dans quelques moments, je vais prendre mon pied avec ce beau et très jeune mec ! génial !"

Et voilà que je lui balance très froidement : " Ecoutez, voilà... J’ai une copine (ce qui était un gros mensonge), je l’aime tant et je ne veux pas la tromper. Aussi je ne crois pas que les garçons m’intéressent ! ".

Je pense qu’avec la froideur de ma réponse, il a très bien saisi mon message. Il m’a répondu qu’il comprenait très bien et respectait cela, et qu’il voulait que je sois seulement un très bon ami.

J’ai accepté de devenir un ami tout court, sans plus. Mais au fond de moi je me disais que je ne retournerais jamais à cette épicerie et qu’il ne verra plus ma tête roder dans ce coin.

Je suis retourné à la maison soulagé. J’avais corrigé une faute que je croyais commettre, mais au fond de moi les mêmes questions resurgissaient toujours.

Pourquoi avais-je accepté ? Pourquoi n’étais-je pas furieux ? Pourquoi ça ne me gênait pas autant que ça?… et d’autres questions.

Toutes ces interrogations me faisaient tourner la tête. Mais avec du recul, j’ai compris que mon désir de voir et toucher un mec, augmentait de jour en jour depuis quelques années.

Au début, ce désir n’était qu’une curiosité de voir une belle gueule. Ensuite voir une belle tête sur un beau corps d’abord habillé, mais avec le temps le désir de voir un corps de moins en moins habillé a augmenté aussi. A la fin ça en est arrivé à l’envie de découvrir un corps nu et une sexualité avec un autre homme!

Cet été là, ce désir en était arrivé à son grand maximum. L’incident de l’épicier n’avait fait que resurgir tout ce désir tant caché et toutes ces questions.

Je me demandais: Est ce que je suis vraiment homosexuel ? Est ce que les hommes me plaisent ? Est ce que je les désirais ?

A toutes ces questions, il n’y avait hélas que des "oui" qui venaient. Il m’était très difficile d’accepter ces réponses, mais je savais au fond de moi que ce n’était que la vérité. Je me demandais aussi: Et les filles dans tout ça ? Est ce que je les désirais moins que les hommes ? Et mes amies de la fac, qu’est ce que je pensais d’elles ?
J’entendais mes copains garçons parler de leurs fantasmes, de belles femmes blondes à forte poitrine avec qui ils rêvaient de faire l’amour. Mais moi je ne me retrouvais pas du tout dedans, ça ne me disais rien.
Tout cela m’a fait comprendre un seule et unique chose que je devais accepter. C’était que j’étais bel et bien un vrai homosexuel. Que j’étais bien un homme qui désirait de coucher avec d’autres hommes, et non avec des femmes.
Et un beau jour, je me suis retrouvé seul à la maison, et là j’ai crié à très haute voix : " Je suis homosexuel ! j’aime les hommes ! ". Là j’ai éclaté en pleurs. Ce n’est qu’à ce moment là que j’ai vraiment ressenti la chose. Un sentiment de soulagement m’a envahi mélangé avec d’autres sensations que je ne pourrais définir.

Ensuite, grâce à un peu de courage et de force d’esprit de ma part, j’ai pu faire un compromis avec moi même. Je me suis dit : "Ca y est, c’est bon je suis homosexuel et alors ? Ce n’est pas de ma faute. Je ne l’ai pas choisi. Pourquoi me jugerait-on sur quelque chose dont je n’ai pas eu le choix ?". J’ai décidé que je vivrais désormais cette homosexualité avec moi même, sans le dire à qui que ce soit.

En tout cas, quelque part j’étais soulagé, car je me suis retrouvé. J’avais trouvé des réponses à toute ces questions qui étaient dans ma tête. Aussi j’avais trouvé mon identité et mon vrai penchant sexuel, que j’avais tant caché durant toutes ses années.

Tout ça, je l’avais vécu seul, avec moi même, sans que personne ne le sache. Durant cet été, mon entourage trouvait que je m’isolais trop, que j’étais trop pensif, la plupart du temps dans les nuages. Je ne mangeais plus, j’avais perdu du poids. Dix kilos en quatre mois.
Après ces retrouvailles avec moi même, d’autres questions commençaient à apparaître : Mon avenir, maintenant que je me suis accepté gay, en Algérie ? Le mariage? Les enfants? La famille?...

Je pensais à ma famille, mon entourage. Sûrement ils se douteront un jour ou l’autre, et lorsque j’arriverais à un certains âge, ils vont me harceler pour me marier ! Je voyais mon avenir trop noir. Vivre seul, sans famille, ni amis. Mourir seul dans un petit coin d’une maison, sans que personne ne sache, jusqu’ à ce que l’odeur de mon cadavre en décomposition dérange les voisins ! Je voyais vraiment noir, et j’ai pensé même au suicide, mais je n’en avais pas le courage. Car même si le suicide est un acte lâche, il faut aussi beaucoup de courage pour l’exécuter, et toutes ces idées me passaient dans la tête sans que personne ne sache rien.

Durant ces moment très durs de ma vie, où je souffrais trop et seul, l’aide indirecte de quelques amis et cousins, m’était vraiment utile. Ils insistaient toujours pour me faire sortir avec eux. Partir à la plage, organiser des soirées, se promener, changer d’air. Tout cela m’a fait sortir de mon état dépressif, et m’a beaucoup aidé.

Ça m’a fait comprendre que la vie était trop courte et trop belle pour la gâcher par des moments tristes et noirs comme cela. Je me disais que l’important, c’est que je suis en bonne santé, que je fais de bonnes études, j’aurais, dans le futur, un bon boulot qui me remplirait ma vie et me ferait vivre aisément et qu’heureusement j’avais une famille et quelques amis qui tenaient à moi.

Pour ce qui concerne la sexualité, je me disais merci mon dieu de nous avoir créé la masturbation! La sexualité est quelque chose de très important dans la vie d’un homme. C’est vrai que la masturbation ne comble pas le désir, mais elle le soulage momentanément. Quand à l’amour d’une personne, je prenais et prends toujours comme exemple les "vielles filles" chez nous ici. Pour moi, ces demoiselles sont une leçon de courage qu’il faut toujours prendre en exemple. Ce sont des femmes qui ne rêvent depuis leur tendre enfance que d’aimer quelqu’un et de se faire aimer. Mais le destin ne leur a pas permis de réaliser ce beau rêve. Malgré cela, elles vivent et participent même dans la société. Je me demandais pourquoi elles et non pas moi ? Je me disais qu’au pire des cas, j’élèverais un chat ou un chien, qui m’aimera et me sera fidèle.

Heureusement, ma façon de voir les choses toujours du coté positif et de se dire qu’il existe toujours dans ce monde des personnes qui vivent un calvaire pire que le mien, m’a sauvé la vie et me fait toujours vivre heureux et gai, avec toujours de l’espoir dans l’avenir.

Et voilà que l’automne arrive, et que la rentrée universitaire approche. Je suis devenu, un autre Ali. J’étais heureux, content, équilibré. Physiquement ce n’était pas trop la forme puisque j’avais perdu 10 kg. En tous cas j’avais décidé de changer complètement. De commencer un nouveau pas, une nouvelle étape.

J’ai changé complètement de look. Je suis devenu plus cool, plus in! J’ai changé même de caractère. Je suis devenu très sociable. Même mon entourage a remarqué, a apprécié et apprécie toujours ce changement. Je suis devenu très ouvert à toutes les idées et mentalités. Après tout ce que j’ai subi, je sui devenu très tolérant. Bref, je suis devenu une personne, qui respire la vie, très gaie, qui sème le bonheur et la joie de vivre, cool, sociable et tolérante ! En résumé je suis devenu le Ali comme j’ai tant voulu qu’il existe. Celui qui était caché au fond de moi parce qu’il y avait quelque chose qui l’empêchait de s’exprimer.

En tout cas, cet été 96 sera mémorable à mes yeux car pour moi, c’est une nouvelle naissance d’une personne adulte, sure d’elle, forte, pleine de vie et d’espoir. Mais tout cela je l’ai vécu et je le vivais seul. Malgré le changement qui s’est produit et que tout le monde a remarqué et apprécié, l’envie de raconter toute cette douloureuse expérience que j’ai vécue durant les quatre derniers mois était très grande. J’avais vraiment besoin de quelqu’un à qui avouer tout ce qui s’est passé dans ma tête et mon esprit, mais à qui ?

Ma famille ? Il n’en est pas question. Pour elle, quelqu’un de gay est un malade mental, un obsédé sexuel. Mes amis garçons ? Je n’avais pas vraiment d’amis très intimes à qui je pourrais raconter ce genre de choses. Et même si j’en avais, je n’oserai jamais leur en parler, de peur des représailles et aussi de la mauvaise réputation que cela pourrait me faire.

Donc il ne me restait plus que mes copines de la fac. Et c’est là que j’ai pris la décision de le dire à Nawel.
à suivre...

Nouvelle 2 :

Tribulations beurrées: Le journal intime d’un jeune marocain sur internet

Quelque part sur la toile, un jeune marocain raconte sa vie, son adolescence, et son éveil sur une sexualité très particulière pour son pays natal.
Extrait.

Cette année la je découvrais Internet qui était en libre service dans notre université. C’est devenu pour moi un grand échappatoire et une énorme passion dans laquelle je dépensais des journées entières surfant de site en site chattant avec des gens des quatre coins du monde.

Un jour, alors que je découvrais un site de photos X hétérosexuelles je tombais sur un lien d’un autre site consacré d’après sa définition aux photos de relations entre hommes. J’ai mémorisé l’adresse sur un bout de papier en attendant le vendredi car ce jour de fin de semaine il y avait beaucoup moins de monde dans les salles d’informatique.

Le vendredi arrivé je me mettais derrière la machine la plus retranchée de la salle de façon à ce que personne ne remarque mon manège et une fois bien installé j’accédais à ce site.

Ce que je lisais était tout simplement incroyable ; je suis tombé sur un site d’une association qui militait pour les droits des homosexuels.
Je dévorais chaque ligne avec grand intérêt, des lignes qui parlaient de santé de sortie de placard, qui donnaient des conseils pour une vie en couple ou qui proposaient des annonces de rencontres. J’étais très surpris qu’on parle de droit et de reconnaissance de la communauté homosexuelle, je dirais même que j’étais même étonné de l’existence de gens comme moi, car même si l’homosexualité existe bel et bien au Maroc l’hypocrisie générale faisait croire tout le contraire et sinon l’homosexuel était réduit à devenir le personnage principal de bon nombre de blagues où il passait pour la dernière des folles.

Là j’étais devant des gens qui revendiquent un respect, une reconnaissance de la part de la loi française et mondiale mais aussi une vie à part entière et le droit de l’afficher en société sans se voir agresser ni minimiser.

J’ai passé toute l’après midi sur ce site à lire tout ce qui est écris dessus. Enfin je découvrais la rubrique des annonces que j’ai laissé pour la fin comme la cerise sur le gâteau.

Aucun critère ni aucune sélection, je lisais la totalité des annonces. Après tant d’émotion à la suite de cette découverte exceptionnelle j’étais soulagé car je savais que je n’étais pas spécial par mes préférences , je savais qu’un peu partout ; au coin de la rue ou aux antipodes de ma ville il y avait un homme qui ressentait les mêmes sentiments , avait les mêmes attirances que moi.

En effet les temps derniers j’avais mis en doute mon orientation sexuelle, car les jours passaient et au lieu de me voir avec des filles je ressentais toujours l’amour pour l’homme, je désespérais car je savais ou plutôt je croyais que j’étais hors norme, pas comme les autres, pas comme mes frères, pas comme le reste des hommes que je connaissais.
A ce moment tous mes doutes s’effacèrent et je commençais à y voir plus clair. Dorénavant je ne vais plus me poser de questions ; je suis comme je suis, c’est à dire homosexuel, un point c’est tout. Je savais que ça allait être dur de mener une double vie mais mon choix était fait du moins ça le sera pour les quelques années à venir jusqu’à ce qu’alarmé par mon célibat prolongé, mes parents auront décidé de prendre les choses en main et peut être me forcer à me marier par les divers ruses que seuls eux connaissent.

Découvrez l’intégralité du récit sur le site: http://beurgay.multimania.com
Sommaire| La Vierge des Tueurs | Le cheikh, les homosexuels et l’intolérance Kamel: Je suis arabe et homosexuel !!
L’homosexualité des femmes en Algérie | INTERNET: Le grand échappatoire ! | Deux Nouvelles