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Notre amie Bahaa...

Bahaa Trabelsi est une femme qui ne chôme pas. Elle en est à son deuxième roman, un troisième est en bouclage et plein de projets pour l’avenir.
A la veille de son départ pour le salon du livre à Paris, nous l’avons rencontrée pour discuter de son dernier roman: Une vie à trois.

Sorti à la rentrée, le livre raconte une histoire d’amour inédite dans le paysage littéraire marocain, puisqu’il met en scène une relation entre deux hommes.
Jamal, un jeune prostitué et Adam un jeune cadre, de bonne famille... Les choses se gâtent quand ce dernier, sous la pression de son entourage décide de se marier. Il s’en suit alors un véritable ménage à trois: Jamal, Adam et Rim, l’épouse. Mais les choses ne sont pas aussi faciles que ça!

Une vie à trois est né de rencontres personnelles. J’avais envie d’écrire une histoire d’amour, il se trouve qu’à ce moment là, j’était plus inspirée raconter une histoire entre deux garçons, ça aurait pu être un garçon et une fille ou deux filles...
Un passage furtif dans le milieu associatif a permis à Bahaa de s’approcher du milieu de la prostitution masculine, de rencontrer des gens et de prendre conscience de beaucoup de choses. Pour elle, ce texte a été une véritable "thérapie personnelle" par rapport à la question de l’homosexualité. Et bien que, inspirée de rencontres personnelles, l’histoire reste une oeuvre de fiction.

Les personnages de mon roman sont des vrais personnages de composition. J’ai voulu Jamal moins "hard" que les prostitués que j’ai pu rencontrer. En réalité ils étaient plus "dans la réaction". Je l’ai voulu doux, romantique, bon enfant, candide, s’assumant pleinement dans son homosexualité...

Adam, ressemble à des gens que j’ai connu, le jeune marocain homo qui a envie de s’assumer au fond de lui, mais qui cherche des dérivatifs, le mariage par exemple et qui vivait très mal cette situation.
J’ai voulu raconter leur rencontre puis leur histoire d’amour sans tabous.
Il n’y a pas d’histoire d’amour qui ne soit pas entourée de tabous, qu’elle soit homo ou hétéro!

Nous vivons dans une société qui est très hermétique à ce genre de questions. Dans mon roman, je n’ai pas trop voulu parler de cette société, tout le monde connaît son hypocrisie. J’ai simplement voulu que mes personnages vivent de l’intérieur leurs sentiments. En revanche, le processus intérieur par lequel ils passent permettra à la société de se dire à la fin: c’est une belle histoire, c’est ce qu’il y a de plus ordinaire!

Une vie à trois a été accueilli de façon assez bizarre par la presse marocaine. Tout le monde a voulu en parler ou en a parlé mais sans pour autant assumer jusqu’au bout!
Les articles ont plus porté sur les talents de romancière de Bahaa Trabelsi que sur le sujet ô combien inédit de son livre. Avec une petite allusion à l’homosexualité des personnages de temps à autre sans aller plus loin. Presque aucune interview, à part celle donnée pourun magazine féminin des mois avant la sortie en librairie.

On a voulu m’inviter à des émissions radio et télé à condition de ne parler que du 1er roman et du troisième en cours, avec seulement un petit mot sur celui-ci... j’ai refusé!
On m’a contacté pour une traduction en arabe, maintenant ils n’en veulent plus!
Le livre, cependant continue de faire son petit chemin. Celle qui avoue avoir écrit ce texte avec des petites ambitions, se retrouve aujourd’hui avec des grandes.

Aujourd’hui, Bahaa travaille avec le réalisateur Noureddine Lakhmari pour son adaptation au cinéma. Il y a également un projet avec un metteur en scène pour le théâtre.
Une maison d’édition belge veut le re-publier et le distribuer en Europe.
J’espère avoir cette fois l’occasion de parler ouvertement de mon livre dans les médias, de toutes les façons tout le monde au Maroc a accès aujourd’hui aux médias étrangers grâce à la parabole et à Internet...

En attendant, elle est déjà entrain de finir son troisième roman qui sera publié bientôt en France. Le personnage évolue dans le milieu de l’écriture et de la presse. Le roman s’articule sur trois parties, les rapports avec les femmes, avec le journalisme et avec la mort. Il y sera beaucoup question de liberté d’expression, un grand sujet d’actualité au Maroc.

Bahaa Trabelsi sera au salon du livre à Paris le vendredi 16 et samedi 17 mars après-midi, au stand du Maroc pour présenter son roman.

"Une vie à trois" et "Une femme simplement"
de Bahaa Trabelsi sont publiés aux Editions EDDIF


Propos recueillis par Karim MALKI

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