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Interview
de Karim Malki, responsable de Kelmaghreb dans le magazine gay français
illico. Ø LA SOLUTION LAÏQUE Responsable
de Kelmaghreb, le site du premier magazine gay maghrébin on line,
Karim parle de la situation des homos dans les pays du Maghreb. On assiste depuis quelques années à des discriminations
et des persécutions en direction des homosexuels au nom de l'Islam.
Comment expliquez-vous ce phénomène ? Ces
discriminations ont toujours existé. Ce qui est récent c'est leur
médiatisation au-delà des frontières de ces pays. Il y a eu l'affaire
des Egyptiens médiatisée par les autorités égyptiennes. On pourrait
y trouver plusieurs explications, détourner l'œil de l'opinion publique
de la crise économique, donner des gages aux mouvements islamistes
particulièrement influents… Quant
au cas de l'Arabie Saoudite, on a toujours exécuté des gays dans ce
pays sans que ça ne fasse le moindre bruit. C'est l'effet du 11 septembre,
les accusations contre l'Arabie Saoudite de soutenir et de financer
le terrorisme international, qui font qu'aujourd'hui on s'intéresse
aux violations des droits de l'homme là-bas. Ce phénomène touche-t-il d'autres pays comme le Maroc,
la Tunisie, l'Algérie ? La
discrimination existe. D'ailleurs, l'homosexualité est illégale dans
ces trois pays du Maghreb et passible d'une peine de prison ferme.
Il y a régulièrement des arrestations, plutôt dans le milieu de la
prostitution masculine. Ce sont souvent des cas individuels qui ne
retiennent, hélas, pas l'attention. L'Islam, comme toutes les autres religions, ne montre
pas une grande tolérance à l'égard de l'homosexualité. Cela peut-il
changer ? L'Islam,
comme les deux autres religions monothéistes, est une religion homophobe
et le restera. Ce qui peut changer, c'est la façon de l'interpréter.
Faut-il appliquer le Coran et la charia à la lettre ou pas ? La
majorité des pays musulmans n'appliquent pas la charia à la lettre,
ce qui est plutôt bien. La véritable solution serait la séparation
du domaine politique et du religieux : la laïcité. Comment cette situation est-elle vécue par les homosexuels
qui se connectent sur Kelmaghreb ? Nous
avons avec Kelma été parmi les premiers à diffuser l'information concernant
le Queen Boat. Nous avons soutenu les pétitions et les manifestations.
Internet
est un outil d'émancipation pour les homosexuels. Dans
certains pays, les autorités semblent vouloir contrôler cet outil.
Comment jugez-vous la situation ? Il
y a deux types de pays. Ceux qui contôlent complètement ce qui circule
sur internet. Il s'agit des pays du Golfe qui bloquent l'accès à un
certain nombre de sites notamment gays. Pour
le Maghreb, il n’y a pas de censure au Maroc et en Algérie. Par contre
en Tunisie, l'accès à un certain nombre de sites est bloqué. C'est
le cas de notre site par exemple. jfl
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