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Roman gay à la marocaine

"une vie à trois"
de Bahaa Trabelsi

Adam, issu d'une famille marocaine aisée, revient de France dans son pays bardé de diplômes. A Casablanca, il tombe amoureux de Jamal, jeune prostitué. Sous la pression familiale qui ne se doute de rien,, il est amené à se marier avec Rim, belle jeune fille effacée et naïve. Lui qui a vécu à l'occidentale à Paris, il va l'installer dans un mode de vie traditionnel rigoureux et lui imposer la présence de Jamal sans qu'elle ne remarque la nature de leur relation. La vie à trois commence.

Bahaa Trabelsi est journaliste et membre d'une association de lutte contre le Sida au Maroc.
Une vie à trois est disponible à la vente, et sur le site http://www.theglace.be/ Vous pourrez également envoyer des mails à l'auteur.

 

 

 

Extrait :

"C'est dans un bar que je les ai rencontrés. Je ne sais pas ce que je faisais là. Perdue dans mon histoire. Deux hommes qui se dévoraient des yeux. Vision insupportable d'un bonheur que je venais de perdre.
Je les revois : Jamal est beau. Son visage est tendre et expressif. Il s'appuie de tout le poids de son corps sur le bras d'Adam. Ce dernier semble à la fois gêné et comme hypnotisé par le regard de son jeune amant. Leurs lèvres se touchent presque."

Jamal: "Casablanca est triste et grise. L'humidité pénètre mes os. Je frissonne. A cette heure-ci, le parc de la ligue Arabe est désert. J'aime m'y promener dans la journée. Regarder les étudiants préparer leurs examens. Moi, j'y fais le tapin."

Adam: "Casablanca est une folle. Dans une cage. Je la sens étouffer sous la pression et la répression. Elle aura beau me dire, comme l'autre, que ses nuits sont plus belles que mes jours, il n'en demeure pas moins qu'elle crève de ses contradictions et de son mal de vivre. Elle a beau maquiller ses rues pour les grandes occasions, se parer de lumières et de couleurs, se raconter qu'elle vibre au rythme de la dépravation et de la fête, s'étirer de tous côtés comme si elle n'en finissait pas de grandir, afficher le vent de liberté qui souffle sur sa corniche, racoler tous les mâles à la recherche d'illusions, elle se sait perdue d'avance, parce que clinquante. Factice. C'est d'elle pourtant, qu'un jour, vont peut-être naître les tolérances. Une folle qui connaîtra les joies de la maternité. Moi, je serai sans doute mort."

 

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