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Dernière
minute
L'injustice recule :
Les musiciens “sataniques” en liberté provisoire
Après
moult tractations, la Cour d'appel de Casablanca a décidé
d'accorder la liberté provisoire à 11 des 14 pseudo-satanistes,
au cours d'une séance exceptionnelle tenue mardi. C'est une première
victoire de la solidarité grandissante avec les jeunes victimes
d'un simulacre procès.
Le
jugement vient juste après une large mobilisation de l'opinion
publique, toujours sous le choc d'un verdict qui a condamné les
jeunes rockers à des peines de prison ferme allant de 1 à
12 mois avec des amendes variant de 500 à 3.000 DH. Les efforts
fournis par les familles des victimes, le comité de soutien, formé
tant par les lycéens que par les associations de la société
civile, ont porté leur fruit. Les démarches entreprises
auprès du ministre de la Justice semblent avoir abouti. Espérons
que d'autres mesures, en appel, apporteront la preuve que les accusations
fallacieuses n'ont plus droit de cité dans le nouveau Maroc.
Car, le premier constat, fait à l'unanimité des juristes,
relève la légèreté des accusations. On reproche
à ces jeunes musiciens leur tenue vestimentaire noire, leurs longs
cheveux. Pis encore, avoir un penchant pour un genre musical peu commun,
le Hard Rock. Une musique qui, selon le Tribunal de première instance
d'Anfa, propage des paroles perverses et ébranle la foi. En effet,
six des prévenus dans cette affaire ont ainsi été
condamnés pour avoir chanté des morceaux de musique dont
les paroles ont un effet pervers sur les moeurs de la société
d'après l'interprétation du Tribunal. Signalons que dans
un État de droit ,tout ce qui n'est pas interdit est permis. Par
ailleurs, on note l'absence d'une loi qui interdise la musique ,qu'elle
soit Hard ou Tarab andalousi. Ainsi, le fait d'associer une musique aux
pratiques satanistes relève de l'irresponsabilité et d'une
immaturité démocratique. Au moment où le pays est
censé se réconcilier avec sa jeunesse, qui a perdu tout
espoir en sa patrie, et se lance dans une aventure meurtrière quitte
à trouver refuge ailleurs, la vision sécuritaire règne
en maître et sème la terreur là ou elle passe. Cette
affaire, montée de toutes pièces, est une tache noire qui
vient éclabousser le processus démocratique, n'hésitent
pas à déclarer tous ceux qui ont pris la défense
des jeunes musiciens. La société civile a retroussé
ses manches pour dénoncer un procès "satanique".
Une pétition circule au nom des "citoyens indignés
". Elle réclame "la libération et sans condition
des 14 jeunes musiciens" et condamne ces pratiques qualifiées
d'autre âge tout en mettant l'accent sur le grave recul en matière
des droits de l'Homme au Maroc. D'autres formes de solidarité sont
prévues, en l'occurrence cette soirée musicale qui sera
préparée, en principe prévue pour aujourd'hui jeudi,
par des lycéens casablancais en guise de solidarité. Manière
de dire que la musique n'est et ne sera jamais un motif d'emprisonnement.
A bon entendeur, Salut !
Amal
Ali Baba
Paru
dans Al Bayane du 14 mars 2003
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