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Maroc: Pessimisme dans les milieux de la lutte contre le SIDA.

A la veille de la célébration de la journée mondiale du SIDA 2001 (1er décembre), la situation dans le milieu de la lutte contre la maladie au Maroc est loin d'être optimiste. Pourtant le pays vient de négocier, difficilement d'ailleurs, avec quatre laboratoires des baisses des prix des antiretroviraux sur le marché marocain. Le Maroc étant ainsi le premier pays en dehors de l'Afrique sub-saharienne à bénéficier de telles baisses.

Certes seuls deux labos ont accordés des tarifs semblables à ceux proposés en Afrique sub-saharienne (GSK et BORINGHER), les autres (BRISTOL et MSD) se sont contentés d'offrir une proposition intermédiaire. Mais, globalement, dans les prochains mois, les prix des antiretroviraux connaîtront une baisse de l'ordre de 60% ce qui, d'après le ministère de la santé, permettra de prendre en charge tous les patients aujourd'hui en attente de traitement avec le budget alloué actuellement.

Seulement, d'après les associations, cette baisse des prix ne constitue qu'une solution provisoire. Seul l'accès aux médicaments génériques (disponibles aujourd'hui sur le marché mondial à partir de 30$ par mois seulement) peut constituer une solution durable.

C'est pour cela que l' Association marocaine de lutte contre le SIDA (ALCS), principale ONG locale travaillant sur la question du sida, s'est jointe à une vingtaine d'associations pour demander dans une lettre ouverte à l'OMC une ré-interprétation, dans l'intérêt de la santé publique, des accords ADPIC (Aspects des droits sur la propriété intellectuelle qui touchent au commerce), représentant le principal frein à l'accès aux médicaments génériques dans les pays en voie de développement.

En effet, l'OMC et les EU reprochent aux fabriquants de générique de violer les droits de la propriété intellectuelle en copiant des médicaments brevetés et protégés pour une durée de vingt ans. pourtant, les closes de l'OMC prévoient des situations d'urgence ou cette protection peut être levée. Chose que les états unis, pays le plus riche du monde, a appliqué récemment dans la crise de l'Anthrax en faisant plier un labo allemand pour réduire de moitié ses prix, mais refuse en même temps aux pays les plus démunis de la planète. L'autre handicap du Maroc en la matière, est le fait qu'il s'agit un pays à faible prévalence. Ce qui fait qu'il retient moins d'importance que les autres pays Africains ou l'incidence de la maladie est beaucoup plus importante. Ainsi le pays ne bénéficierait, parait-il, pas du fonds mondial crée à l'initiative de Koffi Annan pour la lutte contre le sida.

Pour information, les dernières statistiques officielles sur la maladie au Maroc (30/6/01) avancent un chiffre de 879 cas de sida et de 20.000 séropositifs. La transmission sexuelle reste le mode principal de contamination avec 77% des cas (68% hétéro et 9% homo).
Du côté de la prévention, la situation est entrain de virer au cauchemar. Les associations sont à bout de rupture de stock en préservatifs, jusque là fournis par la coopération américaine (US AID) qui a décidé de se retirer de la question. Pour l'instant le gouvernement n'a pris aucun engagement pour débloquer la situation. Les associations craignent une grave pénurie pour les semaines qui viennent. En attendant la maladie continuera sa progression.
Le Maroc, cité jusque là, comme un exemple en matière de lutte contre la maladie dans la région est-il entrain de virer du mauvais côté?

Karim Malki

 

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