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Deux chef-d'oeuvres du cinéma gay sur ARTE

Beautiful Thing
Edward II
Des fois la télévision reste pour nous, gays du Maghreb, le seul moyen de découvrir des films qui traitent ouvertement d'homosexualité du fait qu'ils n'arrivent que rarement à échapper à la censure avant de sortir dans nos salles. Ce mois-ci la chaîne française ARTE, largement regardée au Maghreb, nous fait découvrir deux chef-d'oeuvres du cinéma gay à ne rater sous aucun prétexte. Il s'agit de Beautiful thing qui sera diffusé le Lundi 10/09/01 à 20h45 et Edward II le Dimanche 02/09/01 à 01h25 (rediffusion du 28/08/01)


La naissance de l'amour entre deux jeunes ados dans une cité ouvrière. Une comédie lumineuse et crue sur la possibilité d'échapper à son milieu.


Film de Hettie MacDonald (Royaume-Uni,1996-1h30mn) - VOSTF Scénario : Jonathan Harvey, d'après sa pièce
Avec : Glen Berry (Jamie Gangel), Scott Neal (Ste Pearce), Linda Henry (Sandra Gangel), Tameka Empson (Leah), Ben Daniels (Tony), Garry Cooper (Ronnie Pearce) Image : Chris Seager Son : John Midgley Montage : Don Fairservice Musique : John Altman Production : World Productions, Channel Four ARTE FRANCE / ARD

Jamie, Ste et Leah vivent les uns sur les autres à Thamesmead, une cité du sud-est de Londres. Sensible, Jamie est rejeté par les jeunes de son âge. Son ami Ste est maltraité par son père et son frère. Leah, leur voisine, renvoyée du lycée, vit au son de la musique de Mama Cass. Sandra, la mère de Jamie, fait tout pour aider son fils et se bat pour obtenir la gestion d'un pub. Tous les quatre se rapprochent dans leur isolement. Jamie et Ste sentent leur amitié se transformer en amour, mais ils ne savent pas comment le vivre dans un milieu où l'hétérosexualité est la règle.

Dans une cité ouvrière aux sombres coursives et aux terrasses indiscrètes, où les habitants s'épient à travers les cloisons, Beautiful Thing raconte une histoire simple et lumineuse.

Hettie MacDonald fait vibrer les couleurs du linge qui sèche, le rouge vif des maillots de foot, la musique de Mama Cass. Cette envie de bonheur palpable donne au film un parfum de comédie musicale working class. D'ailleurs, tous les personnages sont travaillés par l'envie de chanter, de danser, de s'envoyer en l'air autrement qu'avec de l'ecstasy. Miracle, ils y parviendront... "Le scénario de Jonathan Harvey a beaucoup de charme et d'émotion mais ne tombe jamais dans le pathos. C'est une histoire qui parle de la puissance de l'amour", souligne la réalisatrice. Écrite par un jeune auteur de 24 ans, la pièce originale avait obtenu une nomination aux Olivier Awards et un John Whiting avant de devenir un scénario. Hettie MacDonald, qui avait mis la pièce en scène, a choisi pour son premier film d'insister sur les regards, qui en disent souvent plus que les mots. C'est par eux que les personnages s'accrochent les uns aux autres : "Quand tu as une vie glauque et que quelque chose arrive et te rend heureux, tu t'y accroches. C'est ce que les personnages du film recherchent - une chose merveilleuse à laquelle s'accrocher."
  EDWARD II

Délaissant la reine et les affaires de l'État au profit de son favori Gaveston, Edward II se fait de puissants ennemis... Une parabole très contemporaine sur l'homosexualité signée Derek Jarman (Caravaggio, Bleu).

Film de Derek Jarman (Royaume-Uni, 1991-1h27mn) - VOSTF Scénario : Derek Jarman, Stephen McBride, Ken Butler, d'après la pièce de Christopher Marlowe

Avec : Steven Waddington (Edward II), Andrew Tiernan (Gaveston), Tilda Swinton (Isabelle), Nigel Terry (Mortimer), Jerome Flynn (Kent), Jody Graber (le prince Edward), Dudley Sutton (l'évêque de Winchester), Annie Lennox (la chanteuse), John Lynch (Spencer), Kevin Collins (Lightborn) Image : Ian Wilson Son : George Richard Montage : George Akers Musique : Simon Fisher-Turner Production : Working Title, British Screen, BBC Films, Uplink-Japon ARD Prix de l'Âge d'or, Bruxelles 1991 Prix d'interprétation féminine pour Tilda Swinton, Venise 1991 Prix Fipresci (section Forum), Berlin 1992 Angleterre, 1307.

Edward II est devenu roi. À peine couronné, il s'empresse de faire revenir Gaveston, son amant exilé en France. La cour se montre aussitôt très choquée par les mœurs dissolues de son souverain. Condamnée par la société, sa relation homosexuelle avec Gaveston se renforce. Edward offre à son amant de l'argent, un titre et même un comté. Il se sert sans ménagements du pouvoir qui lui est conféré pour écarter ses ennemis. La reine Isabelle tente en vain de gagner les bonnes grâces d'Edward, et sa passion pour le roi se transforme bientôt en haine. Avec son confident Mortimer, elle ourdit un complot suite auquel Gaveston trouve la mort. Isabelle réussit à s'allier la cour, le clergé, l'armée et même Kent, le propre frère du roi, pour détrôner Edward II...

L'amant du roi En adaptant la pièce de Christopher Marlowe écrite en 1592, Derek Jarman - mort du sida en 1994 - livre une parabole sur la société moderne. Le réalisateur actualise l'histoire d'un roi homosexuel et de son amant victimes d'une société oppressive, à la morale hypocrite. Le film fait notamment allusion aux lois répressives envers les homosexuels, à la brutale intervention armée en Irlande du Nord et à la politique de "la Dame de fer". Tilda Swinton a reçu le Prix d'interprétation féminine au Festival de Venise pour son interprétation du personnage d'Isabelle, brillant mélange d'Evita, de Joan Crawford et de Margaret Thatcher.