Cheb ABDOU : L'héritier des CHIKHATES.

Cheb Abdou n’a peur de rien. Il chante les yeux maquillés, il aime les bracelets, bagues, colliers, gilets brodés, rouge à lèvres... Il vit à Oran, là où Cheb Hasni, tenant du raï-love, a été assassiné en septembre 1994.

La mère d’Abdou a reçu des coups de téléphone anonymes. Il enconclut, les yeux dans les yeux, qu’il n faut jmais conclure trop vite mais trier entre "les vrais assassins" et les "jaloux". Les jaloux, il y en a. Niar Abdel-Moutaleb, 29 ans en mai, est la dernière cqueluche de la jeunesse algérienne, un chanteur de la tremps de Mami et l’héritier le plus direct des fortes femmes du raï, les cheikhates Rimitti Djenia, Zahouania. Depuis Madre, madre, mélodie de gazelle chantée d’une voix de fer, publiée ur cassette en 1997, Cheb Abdou remodèle le paysage de la musiqu oranaise.

Veste de velours pourpre, chaussures noires luisantes, boucle à l’oreille, il raconte, avec une détermination rieuse, un parcours fullfurant. Oigianire de Tlmcen, à quelques 150 kilomètres d’Oran, il s’est initié à la musique par les femmes, les medahates du terroir, traditionnellement chargées des fêtes et des mariages - les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Comme le très provocant Sid Ahmed il y a deux décennies, Abdou fut admis chez les femmes, sans doute pour ses capacités à se gliser dan la tradtion arabe du travestissement dans l’art. Homme sans honte, à la arrure forte et à la féminité affichée, Abdou, marié deux fois, est un maître des cabarets. Employé de banque jusqu’en 1995, il a débuté au Dauphin, et chante dorénavnt tous les soirs au Solazur, sauf le vendredi. Les femmes l’adorent. LEs hommes dansent. Abdou fait ce uq’il lui laît.ndredi. Les femmes l’adorent. Le hommes dansent....

L’un de ses derniers succès, Khalat Ou Nebghigh ("Il me trompe mais je l’aime"), est un catalogue des aventures amoureuses - le raï a la réputation d’être sulfureux. A l’interprétation homosexuelle de paroles telles que "Il a une grosse bedaine et je l’aime", Abdou préfère celle de la liberté d’aimer : "Il est borgne, je l’aime, il a deux femmes et je l’aime."

Véronique Mortaigne,
Le Monde
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